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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 12:25
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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 21:08

Alors le trouvé n'est plus le précaire substitut du perdu, l'informe n'est plus le signe du chaos (c'est au contraire l'impression de chaos qui est répudiation anxieuse de l'informe)...

 

J.-B. Pontalis ( Trouver, acceuillir, reconnaître l'absent, préface à Jeu et réalité de Winnicott.)

 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 14:28

Quelques mots, à propos de cette œuvre trop connue, d’une banalité décourageante (qui, enfant, n’a pas porté un pyjama Snoopy ?), pas de quoi fouetter un chat. A plus forte raison, pas de quoi injurier et humilier un chien (« stupide petit beagle », dit Lucy dans la traduction en français, là où le texte original se contente du plus lapidaire « stupid dog »), sinon que le chien n’est là que pour être justement traité comme un chien.

Mais Snoopy n’est pas tout à fait un animal domestique. Il a sa propre maison. Seule la nécessité d’obtenir sa pitance l’oblige à jouer le jeu, à être le toutou de Charlie Brown. Pour le reste, il a parfaite égalité de statut avec les enfants qui peuplent son monde. Mais Schulz ne parle pas d'enfance, il parle d'inhibition. Les Peanuts ne sont pas des enfants, mais des adultes ratés, déficients, des névrosés, c'est-à-dire tout le monde. "L'enfance ? Mais c'est ici, l'enfance. Nous n'en sommes jamais sortis." Et Lucy, hormis Schroeder qu’elle aime sans retour, traite tous les personnages comme des chiens.

Qu’en est-il des nôtres ? Des chiens, assurément, mais des chiens à tête de singe, de chat, comme de bouledogue ou de griffon belge, sans que cela importe. Ils subiront le même traitement. Volutes colorées, meringues, extensions capillaires, médailles du mérite, aucun animal n’a été maltraité durant la réalisation de ces œuvres. Tout au contraire, choyés à outrance, obèses, gavés de biscuits, ils se retiennent de vomir de bonheur.

Schulz, lui, de son trait synthétique et protestant, esquisse ses personnages, bloqués dans trois cases qui se répètent quotidiennement : l’ordinaire des névroses. Ce qu'il faut avoir à l'esprit, c'est que ce sont des figures enfantines en ce qu’elles ont toutes développé une forme de résistance psychique au principe de réalité, c'est-à-dire à l'age adulte. De celui-ci, elles n’ont qu’un seul attribut, l’angoisse, et chacune un petit dispositif contra phobique brinqueballant pour y parer. Les Peanuts originels peinent cependant à gagner la sympathie du lecteur. Lucy est une garce, mais Charlie Brown, tout gentil qu'il semble être, n'est en fait qu'un égocentrique minable.

Snoopy assume ses désirs un peu mieux, comme si une part d’instinct inaliéné subsistait  en lui, mais sans pour autant qu’il s’avère un personnage innocent.

De même nos « Peanuts » sont tous absolument pathétiques, le seul mérite auquel ils puissent prétendre étant de le masquer avec plus ou moins d'élégance, par respect d'autrui, peut-être.

Que le motif pictural soit un enfant ou un animal ne change rien à l’affaire. C'est du jamais-tout-à-fait-humain, mais l'Humain est inaccessible, une création fantasmatique, une chimère et pas forcément la plus belle. Mieux vaut donc protester contre le Réel, le Vrai, le Beau, le Juste avec toute la violence que le « Joli » peut offrir. Le Réel est une absence : « ce que le Symbolique expulse en s’instaurant », dit Lacan. Il est donc toujours déjà inaccessible. Pourquoi alors ces petits personnages griffonnés s’acharnent-ils à vouloir l’atteindre, ou plutôt à feindre de le souhaiter ? N’y-a-t-il pas mieux à faire ?

Quelque(s) piste(s) reste(nt) à trouver, puis à perdre et recommencer…

 

 

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