Merci à "On a tueR Maïté" pour le buffet du vernissage...
L'invalidité est l'incapacité de quelqu'un à la suite d'une usure, d'une maladie. L’hôtel des Invalides est un monument obscène et ridicule qui abrite le tombeau de Napoléon et que personne ne
visite.
Pour leur première exposition personnelle à Lyon, Nadia Agnolet et Guillaume Soulatges présentent un ensemble de pièces pour la plupart inédites : cinq dessins réalisés pour l’occasion, un autre
plus ancien et une sculpture sonore.
Si « Hans (Vienne, 1900) » et leurs travaux suivants tournaient autour de la peinture animalière et de la décoration, ils détournent aujourd’hui les univers de l’architecture et du design,
quoiqu’on puisse encore trouver quelques chiens, chats et oiseaux parmi les branlantes tentatives de constructions proposées ici. Le contraire eut été triste.
Les cinq dessins appartenant à la série « Les Invalides » se veulent comme autant de propositions d’aménagement d’espace ou de mobilier, ineptes, irréalisables. Pas question cependant de croquis
ou d’esquisses de projets, mais des travaux dont la facture est délibérément sale, mal faite, convoquant une solennité de bas étage.
L’installation sculpturale qui constitue le cœur de cette série de travaux entend dépasser le stade de la proposition théorique par des moyens pourtant économes, emprunts désabusés aux formes du
minimalisme ou du design radical. Des meubles de rebut, des bouts de bois, des parpaings, de la peinture produisent un ensemble déceptif et ludique. De faibles rayons de lumière émanant de
poteries pailletées éclairent mal une sculpture qui produit des bruits et ressemble au mobilier d'une pauvre secte ratée, le vaisselier de campagne de maman ou un temple maya. L’odeur de moisi
n’arrange rien.
Buffet Froid, 91 montée de la Grande-Côte, 69001 Lyon.
Alors le trouvé n'est plus le précaire substitut du perdu, l'informe n'est plus le signe du chaos (c'est au contraire l'impression de chaos qui est répudiation anxieuse de l'informe)...
J.-B. Pontalis ( Trouver, acceuillir, reconnaître l'absent, préface à Jeu et réalité de Winnicott.)